15.01.2006
L’association Utc (Un travail pour chacun) propose de créer le plein-emploi avec l’argent du chômage. Est-ce possible ? CELA SE SAURAIT... Examinons !
Les idées de l'association Utc basée à Paris concernent la lutte pour un nouveau plein-emploi (et la fin du chômage) ; ces idées sont très intéressantes surtout que ces idées font l'objet d'une expérimentation locale en Seine-Maritime par Utc76 sur les communes de Canteleu et Maromme déclarées territoires à tester.
Examinons ce que nous en avons compris du projet !
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HYPOTHESES
L’hypothèse de base émise par l’association Utc (Un travail pour chacun) est que l’ensemble des sommes consacrées au chômage (les aides directes, les aides indirectes, les « manques à gagner » et la "solvabilisation") pourraient être mobilisées autrement pour créer et financer des emplois sans que cela coûte plus cher (sous entendu que le chômage) à la collectivité. Car les dépenses du chômage ont un coût très élevé (un poids financier !) qui « plombe » la société française au delà de ce que chacun peut imaginer ou supposer.
La seconde hypothèse de l'association est que le travail existe toujours mais que c'est seulement l'emploi qui fait défaut.(1) (2) L'enjeu à relever avec "l'expérience-test" d'Utc76 est bien celui là : "le travail existe mais c'est l'emploi qui manque" encore une fois (sous entendu les fonds existent puisque les dépenses sont là, considérables, coûteuses sur le plan financier, économique et surtout humain). (4)
L’association Utc propose donc ainsi de créer le plein-emploi avec l’argent du chômage. Sous entendu avec cet argent, on aura les emplois parce que le travail existe, c'est évident (ce serait évident...). Il y aurait toujours quelque chose à faire...
Est-ce plausible - possible ?
EXPERIMENTATION-TEST PROPOSEE ACTUELLEMENT EN SEINE-MARITIME (Utc76)
Une « expérience-test » est donc proposée par l'association Utc76 aux pouvoirs publics locaux et nationaux. Rappelons, encore une fois, que les fonds destinés actuellement au chômage (aux chômeurs) seraient remplacés - momentanément, provisoirement -, par des subventions pour réaliser le test (et montrer que les emplois sont là). Les subventions financeraient provisioirement le plein-emploi sur un territoire local limité. Le dit test confirmera (ou confirmerait) ainsi que les emplois potentiels existent bien (selon la formule : le travail existe mais c'est l'emploi qui manque c'est-à-dire l'argent).
Une fois le plein-emploi local prouvé - « l’expérimentation-test » étant un succès ou une réussite -, une dérogation serait demandée à l’Etat pour « ré orienter » les « dépenses passives du chômage » (et « activer » ces dépenses vers l’emploi et les transformer en "dépenses actives du chômage"). Ainsi les emplois seraient pérennisés par tous les fonds (ou une partie) précédemment destinés au chômage.
Les villes de Canteleu et Maromme (76) sont le « territoire d’étude et d'expérimentation »(3) (5) en Haute-Normandie de l’association Utc, mais la portée du projet est plus large à l’échelle de l’Agglomération rouennaise, puis au-delà.
L’Etat détient les clefs de la mise en route de « l’expérimentation-test » (en lien avec l’ANPE, l’ASSEDIC etc. et les collectivités locales) : si l’Etat accepte de fournir une partie des subventions - de s’engager -, la Région, le Département, des Communes d'Haute-Normandie confirmeront leur partenariat et apporteront leur quote-part de subventions. On hésite, c'est l'aventure ! Depuis 1974, on a pris l'habitude de subventionner le chômage et de contenir les chômeurs.
Après les subventions (en lien et place des fonds destinés au chômage à ré-orienter vers l'emploi), il reste à entrer dans les détails de l'application et à organiser le moyen pratique - une structure -, qui utilisera ces subventions momentanées sans risque de perte inutile. L’argent est une « substance » délicate. C'est l'argent du contribuable ! Il reste aussi la méthode - la manière de faire -, pour trouver et créer les emplois en coopération avec l’ANPE etc. L’association Utc76 propose deux structures le FTPE (le fonds recevant les subventions) et le CTPE (le comité de pilotage du test). Mais ce ne sont pas des impératifs.
CONCLUSION OUVERTE
L'année 2006 est à quelques mois (ou presque) des élections présidentielles et des législatives de 2007 puis des municipales et des cantonales réportées en 2008. La période 2006 n'est pas favorable aux décisions innovantes. Utc avec Utc76 devra patienter pour obtenir les subventions publiques demandées. C'est une raison de plus pour l'association Utc76 de continuer à préparer "l'expérimentation-test" en imaginant - en allant au devant -, toutes les questions de détails incontournables du projet et les transformer en arguments pour. On peut rétorquer qu'en France, les élections sont presque permanentes alors...
Par ailleurs, les citoyens (contributeurs, électeurs et de plus mobilisables), ont quelque chose à dire et maintenant à imposer localement avec ce projet "d'expérimentation-test". Le bulletin de vote devrait servir !
La question centrale reste les emplois. Le doute (et l'hésitation) des pouvoirs publics se situe à ce niveau. Le marché ou l'Etat ne peuvent pas tout. L'argent est là (encore une fois les dépenses le prouvent) mais les emplois ? Dépenses ne signifient pas emplois : plus exactement, on dépense parce qu'il manque des emplois. "L'expérience-test" aura donc à prouver l'existence de ces emplois (à prouver que le travail existe toujours mais que ce sont les emplois qui font défaut).
Vous pouvez retrouver le tout du projet sur le site de l'association Utc. Ce site est en lien.
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P.S. : Si "l'expérimentation-test" révélait (objectivement d'expérience) qu'il n'y a pas suffisamment d'emplois, on pourrait toujours recourir aux "emplois qualitatifs" décrits dans les deux textes de Didier DORAY président actuel d'Utc (son manifeste et sa lettre ouverte sont ci-joints) présents sur le blog. Les "emplois qualitatifs" pourraient faire l'objet d'une étude exploratoire. Ces emplois existeraient dèjà notamment en Allemagne dénommés autrement. La question : comment créer ces "emplois qualitatifs" ? C'est un choix de civilisation !
(1) Il existe une autre hypothèse de l'association Utc. Cette hypothèse est que les "besoins non satisfaits" de la population sont immenses. On peut conclure qu'il y a là un "marché intérieur" à reconquérir, nécessairement générateur d'emplois (et de cotisations)... Il y a aussi l'idée ou la notion de territoire en lieu et place de l'entreprise pour l'intégration sociale.
(2) C'est-à-dire l'argent ? Mais suffit-il d'avoir seulement les moyens financiers pour avoir des emplois ?
(3) En 2001, il y avait quatre territoires Utc21, Utc37, Utc41 et Utc76 subventionnés par l'ex SEES (secrétarait d'Etat à l'économie solidaire). Trois ont abandonné, épuisé. Seul Utc76 tient le coup.
(4) Et si même les emplois n'existent pas, l'argent est là pour réaliser autre chose...
(5) "Il y a aussi l'idée de territoire en lieu et place de l'entreprise pour l'intégration sociale." Le territoire uctien serait (si j'ai bien compris) un territoire à la fois réel et virtuel constitué de chômeurs actifs politiquement et d'humanistes militants valorisant leurs votes avec le projet d'évaluation du coût local du chômage, d'identification des besoins locaux des particuliers et des organisations (c'est-à-dire du marché intérieur) etc.
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